http://www.francesoir.fr/etranger/2010/02/01/ben-laden.html
Dans son dernier discours, Ben Laden dénonce « la responsabilité de toutes les nations industrialisées », dont les Etats-Unis, coupables de « ne pas avoir signé le protocole de Kyoto, afin de satisfaire les intérêts des grandes compagnies ». Démontrant quil nest pas sensible quau vert de lislam mais aussi au vert de lécologie, le chef dal-Qaida sait que derrière la carapace verte de lenvironnementalisme peuvent se cacher des révolutionnaires rouges ou autres altermondialistes qui partagent une même haine du système capitaliste industriel occidental et des Etats-Unis.
Pour les séduire, Ben Laden propose ainsi de « boycotter le dollar et de sen débarrasser, seul moyen de libérer lhumanité de lesclavage de lAmérique et de ses compagnies ». Cette nouvelle rhétorique « altermondialiste » a pour obectif de faire sortir al-Qaida de lisolement, de séduire les anti-américains, anti-capitalistes et anti-israéliens du monde entier afin de créer un courant de pensée « anti-système » qui uvre dans les médias et dans les débats intellectuels à relativiser, nier ou justifier la barbarie dal-Qaida. Ce qui est déjà le cas de ceux qui nient le 11 septembre ou pensent que les islamistes sont les nouveaux révolutionnaires face au « néocolonialisme » de lOccident.
En guerre contre lIran, le Hamas et le Hezbollah
Continuateur des révolutionnaires rouges dantan et des totalitaires bruns des années 1930-1940, al-Qaida nest ni écologiste (Ben Laden na jamais dénoncé le pétrole), ni propalestinienne (elle combat tout nationalisme qui divise la Oumma islamique internationale), ni même alliée des révolutionnaires rouges, quelle a combattus pendant la guerre froide. Son réel dessein de guerre est létablissement dun califat mondial régi par la lecture la plus totalitaire de la loi islamique (charia). Un ordre théocratique, réactionnaire et moyenâgeux dont les premières victimes sont les musulmans libres et que devraient combattre les progressistes du monde entier.
Nouvelle jacquerie mondiale contre lOccident
Mais Ben Laden et son numéro deux et cerveau, Ayman Zawahiri, comptent sur la maxime : « Lennemi de mon ennemi est mon ami. » Leur rhétorique « altermondialiste » a été lancée depuis 2005 afin de rallier tactiquement les opposants baasistes (ancien parti de Saddam Hussein) à loccupation américaine en Irak. Dans plusieurs discours diffusés entre mars 2005 et mars 2007, Oussama courtisait ses anciens ennemis nationalistes arabes et de gauche. Le 14 mars 2008, il rendait hommage au célèbre intellectuel américain Noam Chomsky, militant dextrême gauche trotskiste et anti-israélien. Il accusait déjà les pays capitalistes occidentaux dêtre responsables du réchauffement de la planète et les Etats-Unis dêtre coupables de « la mort et lexode de millions dêtres humains en raison du réchauffement en Afrique ». Objectif : prendre la tête dune nouvelle Jacquerie mondiale contre lOccident et lAmérique.
Dans ce discours de mars 2008, qui marqua le plus important virage rhétorique dal-Qaida, Ben Laden dénonçait, tel lhôpital se moquant de la charité, « lesclavage des moines, des rois et du féodalisme, le Moyen Age », invitant les Occidentaux à se « libérer du mensonge, des fers et de la pression du système capitaliste, qui transforme le monde en un fief pour les grandes entreprises, sous létiquette de la globalisation afin de protéger la démocratie » Des appels révolutionnaires entendus par nombre dextrémistes dextrême gauche, dextrême droite et anti-américains subjugués par ce discours anti-système total qui fait dOussama le nouveau « Che Guevara de lislamisme ». Mais sur le marché de la haine anti-occidentale, Oussama le sunnite est concurrencé par Ahmadinejad le chiite, le président iranien décidé lui aussi à « réduire larrogance » américaine et à « rayer Israël de la carte »











